Jaume Plensa

Barcelona, 1955

Jaume Plensa

Jaume Plensa est un sculpteur, dessinateur et graveur contemporain catalan, de renommée internationale né en 1955 à Barcelone.

Artiste nomade, il envisage l’œuvre d’art comme « un lien au sein d’une communauté, d’un groupe de personnes ». Selon lui, « une œuvre d’art n’a rien de statique« . Il a exposé à Düsseldorf, Jérusalem, Chicago, Houston, ou Saragosse, Londres.

Aujourd’hui, ses thèmes de prédilection sont la représentation de la diversité de la figure humaine et les langages qui lient les hommes entre eux. Au fond, ce qui intéresse Plensa c’est le rapport entre le mot et le corps humain. La loi ne précise t’elle pas qu’un rouleau de Thora abîmé par le feu doit être incinéré dans le cimetière communal avec toutes les cérémonies habituelles. L’une des idées fixes de Plensa est d’envisager la langue non seulement comme le moyen de communiquer un sens mais aussi comme l’enveloppe de la matière, de l’énergie et de l’être.

La langue n’a plus pour fonction de délivrer un message intellectuel mais elle est simplement utilisée comme un amoncellement de lettres. Ces lettres non liées sont libres de forme, de sens et ne fixent rien encore. Jaume Plensa affirme qu’ « un texte est un territoire ». Ce point zéro au niveau de la linguistique permet d’entrevoir une multitude de possibilités. Ce matériau de lettres peut être assimilé à un organisme cellulaire en pleine croissance. Véritable être vivant, il gagne du terrain dans l’espace et y projette son ombre. C’est comme si cette énergie linguistique avait créé un homme. Un des thèmes de prédilection de Jaume Plensa est d’ailleurs l’existence de l’âme.

Sa matière première n’est pas celle d’un sculpteur traditionnel. À la pierre ou au bronze, il préfère employer le verre, la résine, l’albâtre, la lumière, le son, l’eau, l’image numérique et le langage.

Pour Jaume Plensa, « la sculpture ignore la fiction. Elle n’est pas affaire de matériaux mais d’émotion. Elle n’est pas affaire de volume ou d’espace, mais de temps. »

Il emploie pour le dessin des techniques mixtes, n’hésitant pas à manier simultanément le crayon, la photo, les peintures aérosols, le cirage et à créer des effets de relief. Certains dessins ont des dimensions hors du commun jusqu’à deux mètres de hauteur et 6 mètres de large. Quand il trace sur le papier, l’artiste se révèle plus un écrivain qu’un dessinateur car il écrit plus qu’il ne dessine. C’est sur ce rapport entre ce qui est écrit et ce qui est représenté que souhaite faire réfléchir l’artiste. Par exemple, il prend une photographie en noir et blanc souvent un visage, il l’étire quelquefois et le couvre en partie de coulures sombres sur lesquelles il inscrit des lettres en capitales. La série Face de 2008 est réalisée à partir visages de tous les coins du monde en les reliant aux articles essentiels de la Déclaration des Droits de l’Homme. Un seul mot peut être inscrit sur une bouche ou sur un front. Une citation de Shakespeare est marquée sur un agrandissement d’une photo érotique trouvée dans la rue au Japon.

Ici vous pouvez voir les œuvres de l'artiste qui font partie de la collection.