02/10/2012 | Pas de commentaires

Pour un nombre à mon avis significatif de visiteurs, et même de guides et conférenciers, il existe au Musée du Louvre une espèce de « Triangle des Bermudes » -formé par la Victoire de Samothrace, la Vénus de Milo et la Joconde-, qui occulte tout le reste du Musée. Trois pièces qu’il faut regarder à toute vitesse, parce qu’il faut passer en une heure à la visite suivante…

Dans ce tourbillon de la visite éclair, avec les trois chefs-d’œuvre tout compris, il faut vite aller de la Victoire de Samothrace à la Joconde. Il faut traverser le Salon Carré et la Grande Galerie et, hop !, on se trouve  face à face avec la Joconde et au dos les « Noces de Cana» de Véronèse, qui présente le défaut d’une dimension trop importante pour certains appareils numériques…

Entre le grand escalier qui mène à la Victoire de Samothrace et le Salon Carré, il y a deux salles que  la plupart de visiteurs, traversent au pas de charge, celles où sont regroupées des peintures murales, réalisées à la fresque par des peintres florentins et lombards des XV et XVIe siècles  pour la décoration de demeures aristocratiques et d’édifices religieux.

La Salle 1 du Département de Peintures Italiennes, nommée Salle Percier et Fontaine, abrite deux magnifiques fresques de Botticelli : « Vénus et les trois grâces offrant des présents à une jeune fille » et « Un jeune homme présenté par Vénus aux sept arts libéraux », toutes deux réalisées entre 1483 et 1485, et découvertes en 1873 au premier étage de la Villa Lumni,  propriété des environs de Florence ayant appartenu entre 1469 et 1541 à la famille Tornabuoni, une famille alliée aux Médicis. Botticelli a pu recevoir la commande de ce décor à l’occasion des noces d’un membre de cette influente dynastie florentine.

La Salle 2, nommée Salle Duchâtel, abrite une fresque de Fra Angelico et deux fresques de Bernardino Luini. La fresque de Fra Angelico, « Le Calvaire » date de vers 1440-1445, et les deux fresques de Bernardino Luini, « L’adoration des mages » et « La nativité et l’annonce aux bergers », datent des environs de 1520-1525. Le Calvaire de Fra Angelico ornait autrefois l’une des parois du réfectoire du Couvent San Domenico de Fiesole. Les deux fresques de Bernardino Luini ont été peintes pour un oratoire de Greco Milanese, près de Milan.

Ces merveilles, chefs d’oeuvre de l’esprit et de l’art, sont à l’évidence  placées dans un bien mauvais endroit pour les «marathoniens» des musées, les «collectionneurs» de visites, ou les raconteurs de voyages… Le Louvre a reçu en 2011 plus de 8,8 millions de visiteurs : combien d’entre eux se sont arrêtés pour contempler ces fresques ? Le tourisme culturel est une très bonne chose, mais un peu plus de calme et de sérénité pour bien profiter des visites seraient, à mon avis, aussi souhaitables. Je vous recommande vivement, de contempler ces fresques à l’occasion de votre prochaine visite au Louvre !

 


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