Economistes de la culture

De nos ces jours on parle beaucoup d’économie. Mais, qu’est-ce que c’est l’économie? Si on prend le « nouveau Petit Robert de la Langue Française » (édition 2007), on y pourra lire que l’économie est « l’art de bien administrer une maison, de gérer les biens d’un particulier », mais qu’elle est aussi « la science qui a pour objet la connaissance des phénomènes concernant la production, la distribution et la consommation des ressources, des biens matériels dans la société humaine ». Mais on peut aussi convenir que l’économie est « l’activité, vie, régime, système économique, ensemble des faits relatifs à la production, à la distribution et à la consommation des richesses dans une collectivité ».
Pour le monde de la culture ces définitions, à mon avis, sont très bien adaptées. Toujours, mais plus encore dans des périodes de crise et de restrictions. Nous avons besoin d’une bonne administration parce que les ressources sont de plus en plus rares, et leurs possibles usages bien nombreux, d’où le besoin d’établir des priorités.
Dans d’autres domaines de l’activité sociale, on a créé de nouvelles branches spécialisées, et on peut entendre parler de l’économie d’entreprise, de l’économie de la santé, de l’économie du bien-être ou de l’économie sociale. Peut-être il serait bon de réfléchir à développer une économie de la culture ainsi qu’à la façon de former les économistes de la culture.
Un économiste de la culture ne devrait être, à mon avis, ni juste un comptable ni un commissaire. Peut-être son rôle serai-ilt plus proche du travail des managers d’établissements culturels. De toute façon, nous avons et nous aurons besoin de professionnels techniquement bien formés, qui ont ou devaient avoir une vision stratégique, qui connaissent le secteur, ou bien sont en capacité et motivés à bien connaître le secteur, avec une claire capacité de leadership, capables d’aller chercher et obtenir des ressources, ouverts à l’échange d’expériences, avec une certaine capacité d’adaptation au changement. Ils auraient la certitude de connaître et de savoir se débrouiller dans des environnements compétitifs à l’internationale, avec une expérience aussi de management à l’étranger, si possible, capables de ne pas rester figés face à un refus et de présenter des alternatives, si cela survient.
Probablement certains lecteurs pourront considérer qu’on parle ici de perles rares, et peut-être auront-ils raison. Mais, si dans d’autres secteurs d’activité on les a trouvées, parce qu’elles existent ou parce qu’on les a formées, pourquoi cela ne serait-il pas possible dans le domaine de la culture? De toute façon, nous aurons besoin, nous avons besoin, de beaucoup de perles pour faire un collier, le collier de la culture comme symbole d’un assemblage de pièces différentes pour essayer de progresser à la fois en termes de présence et de savoir-faire.
Et comment on devrait former ces économistes de la culture? A mon avis, très probablement il serait recommandé de leur faire suivre les parcours que d’autres économistes ont faits et font dans le cadre d’autres branches des services publics ou privés dans ce but. L’expérience cumulée par les économistes de la santé avec leurs formations programmées et bien testées de master ou de formation continue, ou avec les activités de formation et de représentation de leurs dynamiques associations, pourraient être de très bons exemples à suivre.

Dans le domaine de l’activité culturelle, la création et mise en route des nouveaux plans de formation postuniversitaire, de type master ou formation continue, dans le domaine précis de la gestion culturelle -avec une orientation économique beaucoup plus déterminée que ce qu’on peut trouver sur les offres de formation déjà existantes- et l’élimination aussi de quelques-unes des offres de formation existantes (trop rhétoriques et pas du tout adaptées à connaître et reconnaître la réalité environnante) pourraient devenir de bons points de départ.
Certains esprits purs (ou qui font semblant de l’être) vous diront qu’il ne faut surtout pas mélanger la culture avec l’économie. Cette approche fait partie d’une tradition chez certains qui semblent avoir une aversion pour l’argent, ou qui entretiennent une difficile ou mauvaise relation avec lui. Mais bon, on pourrait leur répondre de la manière dont on parle de ce sujet dans le domaine de la santé: la santé n’a pas de prix, mais il est sûr qu’elle a un coût. Parallèlement, on pourrait aussi convenir que la culture n’as pas de prix, mais que évidemment elle a un coût.
C’est à propos du coût, sur l’établissement des priorités (critères, façon de le faire, dégâts collatéraux envisageables), du retour des investissements, de l’attractivité de l’offre (ou comment faire pour qu’elle devienne plus attractive), de l’utilité sociale (de l’offre et de la demande) qu’il faudrait et qu’il faudra parler, débattre, discuter, avancer, se battre. Et certes pas seulement en termes économiques, mais pour partie si.

Pas de commentaires

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.
Les champs obligatoires sont marqués avec:


Vous pouvez utiliser ces tags HTML et des attributs: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>