Le bonheur

(Transcription du discours d’Antoni Gelonch Viladegut au vernissage de l’exposition « La permanence de la gravure: de Dürer à Goya », Montolieu, 26/05/2012)

Aujourd’hui je suis un homme spécialement heureux. Je suis heureux d’être à Montolieu et d’assister à l’inauguration d’une belle exposition qui prend comme base ma Collection de gravures. Pour un collectionneur, montrer les œuvres qui ont fait l’objet de ses soins et de ses recherches, est toujours, au moins à mon avis, un moment de joie, d’amitié et de partage.

Mais, comment ai-je fini par devenir un collectionneur ? Il semble que déjà petit j’aie eu une tendance naturelle à être ordonné, à une certaine méticulosité et à conserver. Cela même qui peut user la patience des gens qui vous entourent et qui est très mauvais quand il faut faire un déménagement, a fini, dans mon cas, par produire en relation avec l’art, des moments d’intime satisfaction, et est devenu une source de consolidation de mes choix et de mes préférences esthétiques.

Comme la condition humaine fait que nous désirons presque tout le temps ce que nous n’avons pas, ou que nous avons à un degré insuffisant, et étant donné que je ne me connais aucune aptitude artistique, j’ai fini par devenir collectionneur d’art, et j’ai décidé de rassembler des œuvres qui, n’étant pas exclusives, sont plus abordables. Voilà pour mon choix de la gravure, un choix qui s’est toujours trouvé conforté.

Quand j’ai commencé à acheter quelques œuvres je ne pensais d’aucune façon finir par constituer une collection. Comme aux débuts de la gravure, il y a plus de 500 ans, ces œuvres ont commencé chez moi avec une fonction instructive ou décorative, mais peu à peu j’ai essayé de connaître, d’affiner, d’étudier et de valoriser les différentes époques, styles et techniques, et aujourd’hui vous pouvez en contempler un premier échantillon représentatif. Un résultat qui se trouve démultiplié par le site Web de la Collection et par sa présence dans les différents réseaux sociaux.

J’ai eu la chance pour en arriver là d’avoir le conseil de personnes avisées, de galeristes qui sont devenus des amis et des amis qui m’ont donné leur avis éclairé. Si la Collection est intéressante c’est grâce à eux, et eux savent de qui je parle. En tout cas, je me réjouis de pouvoir continuer à compter sur leur soutien et leurs conseils experts. Je vous parle bien évidemment, entre d’autres, de M. Francesc Mestre, galeriste de Barcelone, qui me conseille et me guide à travers le monde de la gravure et qui est à l’origine de cette exposition sur « La permanence de la gravure : de Dürer à Goya ».

Une autre question que peut être certains d’entre vous pourriez vous poser, c’est pourquoi j’ai décidé de présenter à Montolieu ma collection, à part l’influence décisive de M. Mestre.

Eh bien, grâce à un ensemble de circonstances, parmi lesquelles j’aimerais distinguer :

– le bon accueil et l’amabilité extrême que m’ont toujours témoignés les gens de l’association « Montolieu, village du livre »,

– ma particulière affection et mon estime pour la France,

– parce qu’il s’agit d’un projet construit avec une perspective de continuité dans le temps, puisqu’en fait nous n’en sommes qu’à la première phase d’une coopération et d’un projet construits sur 3 ans,

– le fait d’avoir trouvé des gens enthousiastes, des gens capables de prendre leurs responsabilités, qui ne se complaisent pas dans la plainte stérile de ce qu’on n’a pas et de ce qu’on ne fait rien pour obtenir.

Merci pour les facilités que j’ai trouvées ici, pour l’encouragement constant et pour l’appui des organisateurs.

Et c’est pour tout cela que je suis heureux aujourd‘hui de participer à cette inauguration à Montolieu. Parce que je crois, aujourd’hui comme depuis toujours, que la vocation d’une Collection est d’être montrée, afin que tous puissent en profiter, qu’elle contribue à élever les acquis culturels, qu’elle offre aux jeunes des opportunités de s’initier au monde de l’art, et parce qu’elle doit permettre une diffusion vers ceux qui ont le plus de difficultés à accéder à la culture.

Je suis content parce que je peux parler de réalités. Parce qu’il me plaît d’être ici avec des gens qui travaillent, qui se battent pour avancer, qui n’ont pas trop de moyens mais qui ont des idées et un appétit certain; parce que l’art doit devenir accessible; parce qu’il faut diffuser la beauté; et parce que nous tous méritons une meilleure qualité de vie.

Ce sera tout : merci à tous du fond du cœur. Merci à ma famille, merci aux amis ici présents, aux amis qui se sont déplacés et aux amis qui viendront de la Catalogne, de l’Espagne et de la France. J’espère et souhaite à tous les amis que je connais et à tous les visiteurs qui viendront, que l’exposition représente un moment d’introspection, d’interpellation, de joie et de sérénité. L’art, à mon avis, ne doit pas avoir d’autre objet.

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