Fécondation in vitraux

Fécondation in vitraux

Le lundi 11 mai 2015, en la cathédrale de Reims, comme nous en informe le journal Libération du même jour, le ministre Français des Affaires étrangères Laurent Fabius et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont inauguré trois nouveaux vitraux d’Imi Knoebel, artiste considéré comme l’un des maîtres de l’abstraction radicale depuis les années 60, et présent avec une de ses pièces à la Collection Gelonch Viladegut.

Ses vitraux sont, en réalité, le produit d’un don de la République Fédérale d’Allemagne à la France pour réparer les ravages des bombardements de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et célébrer l’amitié entre les deux pays. «Les Allemands ont infligé de profondes blessures en ce sanctuaire en 1914», a rappelé Steinmeier devant un public fourni lors de l’inauguration. Pendant les quatre ans de la Grande Guerre, plus de 400 obus avaient touché le magnifique édifice gothique de la Cathédrale de Reims et l’avaient sérieusement endommagé. «Le travail d’Imi Knoebel permet de refermer les dernières cicatrices de cette guerre», a estimé le ministre allemand.

Les trois nouveaux vitraux sont composés de 5.402 pièces de verre formant une composition abstraite dont l’essence repose sur 27 nuances de couleurs fondamentales (bleu, jaune, rouge et blanc), en aplats croisés et superposés.

En 2011, à l’occasion du 800e anniversaire de la cathédrale des sacres des Rois et Reines de France, six vitraux avaient déjà été commandés par l’État français à Knoebel pour décorer les deux chapelles absidiales, situées de part et d’autre de celle honorée par Marc Chagall. Ainsi la cathédrale de Reims aura-t-elle reçu des œuvres exceptionnelles fruit de l’inspiration et du travail de ces deux grands artistes contemporains.

Il est vrai qu’il a fallu un siècle pour arriver à cette offre de la partie allemande en compensation artistique des dégâts infligés à la structure et aux trésors de la cathédrale de Reims par les obus de l’artillerie, mais il faut reconnaître que ces vitraux représentent un très beau message de paix et de réconciliation entre deux peuples qui se sont farouchement combattus aux XIXe et XXe Siècles.

Voilà comment l’art peut devenir facteur de réconciliation, un vecteur de paix, une valeur de rapprochement. Cette mission de bonne volonté, que les artistes peuvent incarner et rendre visible, est un atout dans un monde plein de violences, secoué par la guerre, victime du malheur des hommes. L’art doit nous aider à nous connaître les uns les autres et à connaître le monde, à nous comprendre et à comprendre le monde, à nous aimer et à aimer le monde. De la conjonction de cette connaissance, de cette compréhension et de cet amour pourront apparaitre un jour la réconciliation, l’apaisement, l’amitié et l’amour. Il ne peut pas y avoir un objectif plus grand pour l’art ni pour les artistes. Il faudra les aider à y arriver, et en les encourageant, nous nous aiderons nous-mêmes ainsi que l’ensemble du monde.

Avec l’art vers la liberté, avec l’art vers la paix, avec l’art vers la réconciliation, avec l’art vers l’amour fraternel et universel. Ainsi soit-il !

Etiquettes: France, Imi Knoebel, Vitrail

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