Point de rencontre pour imaginaires voyageurs

Point de rencontre pour imaginaires voyageurs

Du 17 octobre et jusqu’au 31 décembre on pourra visiter à la galerie l’Intemporel de Paris une exposition qui a le titre de: « Point de rencontre pour imaginaires voyageurs ». C’est une proposition conjointe de la Collection Gelonch Viladegut et la galerie déjà nommée. Et cette expo veut devenir un point de rencontre entre les artistes catalans de la deuxième partie du XXe siècle et les artistes caribéens contemporains.

Comme souligne dans le texte d’introduction Mme. Yolanda Wood, curateur cubaine les merveilleux paradoxes du voyage créent la possibilité, tant attendue, d’un point de rencontre où vient s’achever un trajet, et commence un dialogue fécond avec l’inconnu, révélant ainsi la route de chemins futurs. C’est le cas de Paris, qui, au fil des années, devint un centre de convergence facilitant tout type de relation ; et ce plus particulièrement pour le monde de l’art, puisque c’est là que se sont initiés les échanges créatifs les plus passionnants. Paris est une ville hors du temps et il est naturel qu’il y existe une galerie dont le nom en définisse parfaitement l’intention : Intemporel. Dans cet espace d’ « intemporalité artistique », se côtoient des plasticiens aux origines et expériences culturelles diverses, et c’est dans ce lieu que se tiendra une exposition proposant à chacun d’apprécier toute la mesure de l’acte créatif.

Les artistes et les œuvres sont porteurs d’imaginaires voyageurs arrivés à un point de rencontre, et c’est dans cet univers esthétique, fonctionnant selon ces propres codes temporels, que s’inscrit l’exposition. Elle laisse découvrir un dialogue inédit mais nécessaire à notre société contemporaine, qui réunit les discours si distincts de la Caraïbe et de la Catalogne, pourtant tous deux méditerranéens puisque provenant de pays entourés par la mer, au milieu de la terre. D’un côté, un discours américain plus communément reconnu comme proprement caribéen ; de l’autre, la légendaire Europe chargée de toute son histoire passée et actuelle. Une exposition donc peu ordinaire qui ne cherche pas à mettre en avant les différences nées de cette géographie, mais qui s’attache à présenter les artistes dans leur individualité, et ce qui est inhérent à l’art : l’universalité de la sensibilité artistique.

Les œuvres exposées couvrent une période très vaste ainsi qu’un champ de références qui l’est plus encore. A travers elles, s’entremêlent de multiples impressions et réflexions qui, lorsqu’elles sont misent en relation, dépassent complètement leur contexte originel, et qui, finalement, forment un art qui échappe à tout enracinement, s’internationalise, va et vient. C’est dans cette perspective que s’impose le point de rencontre établi par cette exposition, en devenant ainsi un lieu commun par-delà les écoles, les tendances et les styles, mais qui ne sert pas pour autant de thème fédérateur ou de critère de sélection des œuvres. On y trouve donc des artistes nés avant et après la deuxième moitié du XXème siècle, des œuvres postérieures et d’autres plus récentes, des maîtres, des plasticiens consacrés mais aussi d’autres plus jeunes. Ainsi, cette exposition propose de mieux comprendre ce qui est propre à chaque artiste : leurs imaginaires, tous voyageurs à cette occasion.

Pourtant, il existe bien un contraste entre les procédés et les langages utilisés : une collection de gravures aux techniques diverses, représentant la Catalogne grâce à des artistes emblématiques du siècle passé, tels que Miró, Dalí et Tapies, exposée face aux œuvres que l’on trouve habituellement à la galerie Intemporel. Cette rupture de l’histoire de l’art via les figures et styles présentés dans ce projet, peut être considérée comme une sorte de tribut allant au-delà des distances critiques entre ceux qui n’étaient pas encore là lorsque les autres l’étaient, et ceux qui le sont aujourd’hui tandis que les autres ne le sont plus. Cette dimension qui transgresse le temps et l’espace permet l’établissement d’un discours qui abolit les hiérarchies et révèle la considérable transversalité du monde artistique, en mettant en valeur des créateurs aux latitudes différentes, qu’elles soient celles de l’Europe continentale ou des îles de la Caraïbe. Ainsi se redessinent les lignes périphériques d’une cartographie culturelle hégémonique qui permit l’écriture de l’Histoire de l’Art, empathique et en majuscules.

Dans sa diversité, l’exposition dévoile le changement de sensibilité qui s’est opéré dans l’art afin d’ouvrir la voie à l’art contemporain après la seconde moitié du vingtième siècle, dont Miró, Dalí et Tapies furent les principaux fondateurs et protagonistes. Tant le surréalisme que l’abstraction furent essentiels aux nouvelles directions que prit l’art dans les centres de pouvoir symboliques et les espaces périphériques, témoignant ainsi d’un déséquilibre historico-artistique dans le processus de création ; cela fut le cas dans la Caraïbe, que les artistes résident dans leurs pays d’origine ou leurs diasporas« .

Et voilà si vous êtes sur Paris ou vous voyagé à Paris l’expo vous attendra. Tout est dit.

Etiquettes: expositions, Paris

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