Une valse italienne

Musée Nationale du Bargello (Florence)

Musée Nationale du Bargello (Florence)

Conséquence de la réforme dans les administrations engagée par le premier ministre Matteo Renzi, un appel international à candidatures à la direction de certains musées a été lancé jusqu’au 15 février touchant vingt lieux prestigieux, à Rome, Venise ou Naples.

Les intéressés ont jusqu’au 15 février pour adresser leur candidature, soit un CV et une brève lettre de motivation. Selon le formulaire, rédigé en italien et en anglais, accessible depuis le 8 janvier sur le site du ministère italien des Biens et Activités culturels et du Tourisme (www.beniculturali.it/museitaliani), si vous pouvez vous prévaloir «d’une formation et d’une expérience dans le domaine de la protection et de la mise en valeur du patrimoine», et d’«au moins cinq ans de gestion d’institutions publiques ou privées, ou d’entreprises publiques ou privées, en Italie ou à l’étranger», vous pouvez prétendre à la direction d’un des grands musées de la péninsule.

Telle est la première conséquence concrète de la réforme des administrations italiennes dans le secteur culturel. Une politique voulue par le gouvernement de Matteo Renzi et mise en œuvre, pour les musées, par son ministre Dario Franceschini (centre gauche).

Officiellement, vingt hauts lieux transalpins des arts et de l’histoire cherchent donc leur tête. Outre le plaisir de travailler, voire de vivre, dans ces palais et au milieu de trésors inestimables, les salaires correspondent aux standards européens pour les musées publics. Entre 78.000 et 145.000 euros, avec des bonus de 15.000 et 40.000 euros, avance le site Blouin artinfo.

Les musées concernés sont le Bargello, l’Accademia et la Galerie des Offices à Florence (même si le directeur en place, Antonio Natali a déclaré vouloir s’y représenter), ceux de Modène, Urbin et Pérouse, l’Accademia de Venise, le Musée Capodimonte de Naples et le formidable Museo Archeologico de cette ville, le palais ducal de Mantoue, ceux, royaux, de Turin et de Gênes, la Pinacothèque de Brera à Milan, les musées archéologiques de Calabre, Tarente et du Paestum, le palais de Caserte, les Antiquités romaines ou encore, toujours dans la Ville éternelle, le Musée d’art moderne et contemporain ; voire le très convoité et richissime Musée Borghese.

Revers de la médaille, les heureux élus devront mouiller leur chemise pour dégager des fonds propres et trouver plus de mécènes, cela avec moins de fonctionnaires à leur disposition. En plus, ils devront assurer des tâches auparavant imparties aux superintendants régionaux, notamment la gestion des prêts.

Puisque les postes actuels sont garantis par la tutelle et leurs contrats à durée indéterminée, les partants seront affectés dans d’autres institutions. Une fois ces mouvements effectués, une autre vague de procédures de sélection devrait être déclenchée, visant d’autres musées italiens.

Bien sûr, et comme d’habitude, depuis qu’elle a été annoncée, la réforme fait l’objet d’une vive contestation. Beaucoup craignent que la composante financière prenne le pas sur la mission de conservation et le sérieux scientifique.

Mais, à notre avis, on est face à une démarche intéressante qu’il faudra suivre de près, tantôt le choix des responsables comme son travail ‘a posteriori’. Mais c’est une décision qui s’inscrit dans le bon sens, dans le sens d’airer les musées, d’y faire entrer des nouveaux talents avec d’autres parcours et d’autres expériences et compétences, de faire bien connaître que ces places ne sont pas à vie, d’attirer les bons responsables de partout dans le monde, et peut-être d’ouvrir les mentalités du personnel des musées à l’idée qu’on travaille pour les gens et non pour leur réputation…

Qu’il y a des dangers économicistes dans cette démarche? Oui, bien sûr, mais, dans la situation actuelle il n’y a pas de dangers, d’enlisements et des parti-pris? Osons, regardons et suivons. Voilà la prescription.

Etiquettes: Italie, Musées

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