L' »erreur » Lego, ou à propos de la censure en brique

L' »erreur » Lego, ou à propos de la censure en brique

Le 28 avril, nous avons pu lire sur les pages de Le Figaro un intéressant article de la journaliste Alice Develey sur les relations Lego/Ai Weiwei, et selon lequel les propriétaires de la firme danoise aux petites briques, ont reconnu leur «faute» dans l’affaire qui les opposait au dissident et controversé artiste chinois en octobre 2015. Une erreur regrettable, pourtant indépendante des directives de l’entreprise, rapporte le Wall Street Journal.

Six mois après l’affaire qui a opposé Ai Weiwei et la firme danoise, le vice président de Lego, Kjeld Kirk Kristiansen a finalement admis avoir commis «une faute» dans les colonnes du Wall Street Journal. Une malheureuse «erreur interne», selon lui symptomatique du mauvais dialogue qui existe «au sein des grandes entreprises».

En octobre dernier, les responsables danois avaient provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux après avoir refusé d’approvisionner en Lego l’artiste chinois pour la création d’œuvres dites politiques. «Je suis profondément désolé de vous informer que nous ne sommes pas en mesure de soutenir l’exposition Andy Warhol | Ai Weiwei en validant votre commande», avait indiqué via un communiqué l’entreprise. Un refus, qui non seulement avait provoqué l’incompréhension de l’artiste, manifestée sur Facebook (Ai Weiwei n’avait pas hésité à qualifier la décision «d’acte de censure et de discrimination»), mais également la colère des internautes qui avaient alors inondé les réseaux sociaux  de messages contre le géant de la brique et qui avaient établis des points de rassemblement de briques pour les mettre ensuite à disposition de l’artiste.

Le 25 avril dernier, le vice-président de Lego, Kjeld Kirk Kristiansen, est revenu sur la préjudiciable affaire et a tenu à réparer le mal causé à l’artiste. Tout serait parti selon ses dires d’une mauvaise transmission d’informations. «C’est une erreur interne qui est responsable de tout cela», a-t-il expliqué au journal américain. Un employé aurait tout simplement mal interprété les directives qui sont celles l’entreprise sur la neutralité politique, bon, comme presque toujours…

Une faute donc malheureuse, mais indépendante du grand propriétaire. «Cette erreur est typique de ce qui peut mal tourner au sein d’une grande entreprise», a conclu Kjeld Kirk Kristiansen, souhaitant se dédouaner de toute mauvaise action. Une excuse très classique aussi…

En réaction aux déclarations du vice-président de Lego, l’artiste Ai Weiwei s’est dit heureux du mea culpa explicité par Mr. Kristiansen, tout en regrettant le retard desdites excuses. «Je pense que ces propos sont très positifs, mais je pense qu’ils arrivent trop tard», a-t-il déclaré lors d’une interview en début de la dernière semaine.

En janvier dernier, les responsables de Lego avaient indiqué changer leur «politique interne» afin d’éviter tout malentendu. «Le groupe Lego ne demande plus la thématique envisagée lors de la vente de brique Lego en gros destinée à des projets spécifiques. Les clients seront priés de préciser, s’ils désirent exposer leurs créations Lego en public, que le groupe ne soutient ni n’approuve le projet concerné», avait indiqué dans un communiqué la firme danoise. À suivre, pour le cas où…

Etiquettes: Ai Weiwei, censure, Lego

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