Outils et produits relatifs à la gravure

Outils et produits relatifs à la gravure par Antoni Gelonch-Viladegut, pour la COLLECTION GELONCH VILADEGUT.

INDEX
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[A]

ABRASIF
Les abrasifs ou médias abrasifs sont des ingrédients de la tribofinition. Ils sont souvent à base céramique ou polyester. Leur forme est très variable et comprend principalement des cylindres coupe droite ou en biais, des triangles coupe droite ou en biais, des billes, des cônes, des pyramides, etc.

Ces médias abrasifs permettent de mécaniser des opérations d’ébavurage ou de polissage et d’apporter un traitement à la fois très uniforme et surtout constant, même sur des séries de pièces très importantes.

Les équipements utilisés sont soit des vibrateurs (circulaires ou linéaires) ou des centrifugeuses satellitaires à axe oblique (mouvement planétaire avec axe oblique) ; ces équipements constituent les dernières évolutions technologiques grâce à la combinaison d’une très haute énergie de travail et de mouvements très complexes.

Un abrasif est une matière extrêmement dure, qui use d’autres matériaux plus tendres que cette matière. On emploie par exemple des grains abrasifs recouvrant une feuille sous le nom de papier de verre.

On peut également projeter à grande vitesse cet abrasif sur la pièce à traiter, cela s’appelle du sablage quand l’abrasif est angulaire (corindon), et du microbillage quand les grains sont ronds (microbille de verre)

Parmi les abrasifs, citons l’oxyde d’aluminium ou alumine, carbure de silicium, l’émeri ou corindon et la poussière de diamant.

Les abrasifs sont notamment agglomérés à des résines phénoliques ou des argiles pour former des meules ou des médias divers. Ils peuvent être utilisés libres de tout support, sous forme de poudre.

Ils possèdent deux caractéristiques importantes :

  • la dureté qui leur permet d’attaquer les matériaux plus tendre
  • la taille des grains (granulométrie) qui engendre l’état de surface final (la rugosité)

AFFÛTAGE A FACETTES
La pointe sèche est un outil pointu en acier dont l’extrémité sert à graver des traits variés dans le métal. L’affûtage peut être en aiguille ou à facettes.

AFFÛTAGE EN AIGUILLE
La pointe sèche est un outil pointu en acier dont l’extrémité sert à graver des traits variés dans le métal. L’affûtage peut être en aiguille ou à facettes.

A LA CUILLER
Pour la linogravure, différents types de presses sont utilisables : il existe des presses spécialisées à la gravure, néanmoins une presse à reliure peut aussi être employée. L’impression peut se faire sur presse à bois, ou avec la presse à taille-douce ; on peut procéder manuellement « à la cuiller ».

AQUALAQUE
L’encrage de la plaque de linoléum se fait grâce à un rouleau spécial. On peut encore passer de l’encre sur toute la surface après avoir dégraissé le lino à l’essence ou au talc, ou après un léger ponçage à l’abrasif ; ensuite on procède par enlevage comme à la manière noire. L’encre peut être à base d’huile ou d’eau (encre typographique, ou aqualaque, aussi employée en monotype par exemple).

[B]

BALLE
La balle est un instrument de bois en forme d’entonnoir, rempli de laine recouverte d’une double peau de mouton, utilisé pour encrer les formes.

BERCEAU
Outil qui s’utilise dans la technique de la manière noire pour grainer la plaque uniformément de petits trous.

BOUTEROLLE
Une bouterolle peut être pour le ciseleur, l’extrémité arrondie du ciselet (outil de gravure).

BRUNISSOIR
Pierre dure emmanchée permettant de réaliser le brunissage Il existe plusieurs types de brunissoirs, par exemple, en acier pour la dorure au mercure , le repoussage au tour, la bijouterie, l’horlogerie, l’orfèvrerie.

BURIN
Le burin est l’un des principaux instruments utilisés en taille-douce pour réaliser des gravures à la ligne. Ce terme désigne également la plaque gravée au burin ainsi que les impressions qui en sont tirées. Au XIXe siècle, le burin sert aussi dans la gravure sur bois de bout.

En gravure, le burin consiste en une tige carrée, rectangulaire ou en losange, en acier trempé, insérée au rouge dans un manche en bois de buis que l’on nomme champignon. L’extrémité est sectionnée obliquement et la pointe soigneusement affûtée est en mesure de creuser un sillon dans une plaque de métal ou de bois.

Le sillon s’appelle une taille et sa principale caractéristique est d’être nette et sans rebord, soit très fine, soit très profonde.

[C]

CANIF
Un canif est un petit couteau de poche, dont la lame se replie dans le manche.

Types de canifs : on peut classer les couteaux selon leur mécanisme de blocage de la lame :

  • Couteaux à cran d’arrêt : la lame est verrouillée mécaniquement et ne peut se refermer (Opinel à virole, par exemple).
  • Couteaux à cran forcé : la lame est bloquée par un ressort (couteau suisse).
  • Couteaux à cran freiné : la lame est maintenue en position par friction du manche sur la lame.

CARBORUNDUM
Voir CARBURE DE SILICIUM.

CARBURE DE SILICIUM
Le carbure de silicium est un minéral presque exclusivement artificiel qui peut être considéré comme un semi-conducteur lorsqu’il est monocristallin ou comme une céramique lorsqu’il est poly-cristallin. Il est composé de silicium et de carbone (SiC).

Carborundum est le nom populaire de la forme synthétique.

On l’utilise comme abrasif sous le nom de carborundum.

CHAMPIGNON
C’est une manche en bois de buis qu’on utilise dans la technique du burin.

CISELET
Petit ciseau usé pour les graveurs. C’est un outil pour tailler.

COLLODION
Le collodion est composé de nitrocellulose dissoute dans un mélange d’éther et d’alcool et conservée sous forme liquide (dans un récipient fermé) ou sous forme de film une fois le solvant évaporé.

Le collodion, qui se présente comme un vernis séchant rapidement et laissant derrière lui une feuille transparente et souple (assez semblable en texture et apparence à de la cellophane).

COMPAS COURBE
Dans la technique du burin et dans le cas d’une taille trop importante, il faut utiliser le compas courbe et le marteau. Le compas courbe ou compas de correction est constitué de deux branches recourbées à leurs bouts et qui peuvent être allongées ; les deux becs sont souvent taillés différemment, l’un en biseau qui vient s’appuyer sur l’endroit à corriger, l’autre en pointe pour piquer au dos de la plaque l’endroit correspondant à repousser.

COMPAS DE CORRECTION
Voir COMPAS COURBE.

COMPTE-FILS
Voir LOUPE.

CRAYON LITHOGRAPHIQUE
Le crayon lithographique est un crayon gras à base de graisse, de noir de fumée ou de copal, que l’on utilise pour dessiner sur la pierre lithographique. La graisse du crayon est absorbée par la pierre et retient l’encre lors de l’impression.

CUVETTE
C’est un récipient utilisé dans les tâches ménagères en général. Une cuvette est un récipient en matière plastique ayant soit la forme d’une demi-sphère, soit une forme cylindrique ou rectangulaire. Le bord d’une cuvette est replié vers l’extérieur afin de faciliter sa prise en main. Les grandes cuvettes ont une poignée sous forme de trou.

On décrit aussi avec ce mot l’empreinte laissée par la plaque de métal sur le papier, autour de l’image.

[D]

DENT DE SCIE
Une dent de scie est l’élément tranchant dont la répétition tout au long d’un bord d’une lame de scie confère à celle-ci sa capacité de coupe, un côté de la dent ayant été affûté ou les deux si la scie agit vers l’avant et vers l’arrière. Cet élément a généralement une forme plus ou moins triangulaire, ce qui explique son nom en français. Cette disposition caractéristique a donné l’expression en dents de scie qui désigne une succession d’éléments d’allure triangulaire, généralement avec certaines variations de taille et d’angle du sommet du triangle, par exemple dans un graphique.

Sur une scie classique, des dents de deux types alternent par une légère inclinaison de la dent d’un côté pour former une « voie » plus large que l’épaisseur de la lame de scie elle-même, ceci diminuant fortement le frottement de la partie de la lame au-dessus des dents, facilitant la rupture du matériau et accessoirement l’évacuation des particules arrachées. Si l’inclinaison des dents diminue à l’usage, la scie doit subir un avoyage pour retrouver sa « voie » optimale. Les dents sont périodiquement l’objet d’un affûtage pour que la scie conserve son efficacité.

La densité des dents, inversement proportionnelle à leur taille, est un facteur important de la capacité de la scie pour un matériau et une procédé de sciage donnés : de nombreuses petites dents diminuent la pression que chacune applique sur l’objet scié, alors que, dans le cas opposé, grandes et donc moins nombreuses, les dents peuvent au contraire subir des contraintes réduisant leur performance, voire des ébrèchements ou cassures complètes.

Typologie des dents de scie : droite ou plate, américaine, égoïne, inversée, aileron de requin, raboteuse.

Méthode d’affûtage: Classiquement, les dents de la scie s’aiguisent avec une lime de forme triangulaire dite tiers-point, dont la taille est adaptée à la taille des dents.

On rafraîchit le fil de deux dents voisines (sur un seul côté de chaque dent) par passage de la lime, en ayant soin de ne pas créer d’irrégularités au long de la lame. Cette opération nécessite un support permettant un serrage et un blocage correct de la lame, qu’elle soit droite ou circulaire.

L’avoyage, quand il est nécessaire, précède généralement cette phase d’aiguisage.

La difficulté avec un affutage manuel est de conserver les angles initiaux, de façon à ne pas dégrader les fonctionnalités de la scie, ce qui est difficile avec les dentures modernes des scies égoines, aiguisées avec un angle en biseau alterné sur les deux côtés de la dent, contrairement aux scies anciennes pour lesquelles l’affutage est perpendiculaire aux dents.

Les dentures trempées, dont la durée de coupe est supérieure ne permettent pas un réaffutage avec les moyens classiques.

L’affutage industriel fait appel à des machines spécialisées, qui utilisent des meules et un dispositif automatique d’avancement de la lame pour passer d’une dent à l’autre.

[E]

EBARBOIR
Appelé aussi racloir ou grattoir, l’ébarboir est une lame de section triangulaire et pointue.

ÉCHOPPE
C’est un outil à pointe utilisé par les ciseleurs et les graveurs.

ECHOPPE RAYEE
Voir VELO.

ENCRE
L’encre est une substance fortement teintée, généralement noire, qui sert à marquer le support, papier, textile. Les encres sont utilisées pour l’écriture, le dessin, l’impression ou la décoration.

L’encre est généralement conditionnée en flacons, bouteille ou bidons pour son transport. Certains de ces flacons peuvent servir d’encrier. Elle peut aussi être sous forme solide (« bâton »).

La composition de l’encre d’imprimerie dépend de la technique d’impression et de la nature physique de la forme imprimante. En typographie, l’encre doit adhérer aux caractères en plomb. C’est Johannes Gutenberg qui mit au point l’encre typographique dont le principe de base a peu évolué.

Les encres pour l’imprimerie, bien qu’homogènes, sont un mélange de constituants. Certaines formules d’encre peuvent contenir jusqu’à 20 constituants différents. Cependant, quel que soit le procédé d’impression, on peut diviser ces composants comme suit :

  • la matière colorante (de 5 à 25% du poids selon le type d’encre) : on utilise généralement des pigments très finement divisés et maintenus en suspension dans le véhicule. Il arrive également d’utiliser des colorants qui ont un meilleur rendu de couleur (gamut) mais qui se dégradent plus rapidement à la lumière ;
  • le véhicule (environ 70%) : il est la phase fluide de l’encre. Il est constitué d’un mélange de polymères, de diluants et/ou de solvants. Son rôle est multiple : transporter le pigment/colorant sur le support et le fixer à celui-ci. Le choix du véhicule détermine non seulement le mode de séchage mais aussi les principales caractéristiques du film d’encre (résistance, adhésion…) ;
  • les additifs (environ 10%) : ils permettent d’optimiser les caractéristiques de l’encre pendant et après l’impression. Ils sont aussi utilisés pour faciliter la mise en œuvre de l’encre (agents dispersants, antimousses, etc.)

Selon le procédé d’impression, l’encre peut avoir un aspect très différent. Par exemple l’offset requiert une encre visqueuse (ou pâteuse) alors que l’héliogravure, la flexographie, la sérigraphie et le jet d’encre exigent une encre nettement plus liquide.

En l’héliogravure, une encre à faible viscosité (5 à 50 mPa.s) et au séchage très rapide est requise. L’évaporation d’un ou plusieurs solvants assez volatils est donc la méthode de séchage la plus rapide et la plus économique actuellement. Cependant, l’utilisation de ces solvants n’est pas sans risque : ils sont généralement très inflammables et parfois toxiques. Leur utilisation requiert de grandes précautions, et ils font l’objet d’une réglementation très sévère. Des recherches pour développer des encres à eau sont en cours, mais les résultats ne sont pas encore satisfaisants.

La flexographie est un procédé en relief sur lequel la forme imprimante est un photopolymère flexible. La taille du relief est de l’ordre du millimètre. La flexographie est principalement utilisée dans l’emballage, spécification venant des avantages que peut avoir un procédé d’impression dont la forme imprimante est souple (carton ondulé, sacs plastiques…). Elle est également utilisée pour l’impression des quotidiens (en Italie par exemple). Contrairement à l’héliogravure, la flexographie a réussi à adopter les encres à eau.

Le séchage des encres héliogravure ou flexographie se fait par évaporation forcée de ou des solvants lors du passage de l’imprimé dans un four à air chaud. Le four doit être dimensionné en fonction de l’encre (température d’évaporation du liquide, sa pression de vapeur saturante, sa chaleur latente de vaporisation…) et de la machine (laize, vitesse…).

En pratique, on accélère l’évaporation par les moyens suivants :

  • Par conduction : la bobine passe sur des cylindres chauffés,
  • Par convection : la bobine passe au travers de sécheurs à air chaud,
  • Par radiation : rayonnement infra-rouge ou micro-onde. Il y a alors apport calorique ; à ne pas confondre avec le séchage ultra-violet qui, lui, implique des changements chimiques de l’encre.

Le séchage physique (par absorption de l’encre par le support) nécessite un support poreux (papier ou carton) et ne peut pas être utilisé sur d’autres supports.

Les solvants contenus dans ces encres ne sont que temporaires car ils sont éliminés par évaporation et/ou infiltration lors du séchage de l’imprimé. De ce fait, ils ne participent théoriquement pas aux propriétés finales du film d’encre. Cependant, il arrive que du solvant résiduel soit prisonnier et il en résulte des problèmes d’odeur, de toxicité…

  • Les solvants les plus utilisés en hélio emballage sont : alcools, acétone, acétates, éthers de glycol et hydrocarbures aliphatiques
  • En hélio édition, on utilise presque exclusivement du toluène
  • En flexographie, on utilise : alcools, acétates, éthers de glycol.

L’ajout de polymères permet d’améliorer les propriétés du film d’encre, notamment son adhérence au support, sa solubilité avec le solvant choisi, son brillant, sa résistance et son mouillage des pigments.

On utilise entre autres : Nitrocellulose et Ethyl cellulose.

ENCRE LITHOGRAPHIQUE
Certains imprimeurs utilisaient le linoléum gravé à l’acide, l’acide nitrique émiettant et brûlant le revêtement. Dans ce cas le dessin de réserve était fait à l’encre lithographique ; on obtient ainsi des clichés au trait (un cliché est une gravure en relief permettant la reproduction en impression typographique, le lino est monté sur des bois de 20 mm, qui permettent l’impression typographique).

ENCRE TYPOGRAPHIQUE
Dans la technique de la linogravure, l’encre peut être à base d’huile ou d’eau (encre typographique, ou aqualaque, aussi employée en monotype par exemple).

ENCRES PRIMAIRES
Les quatre encres primaires sont : cyan, magenta, jaune et noir.

ETABLIS POUR MEZZOTINTE
L’Angleterre se dota d’« établis pour mezzotinte » : « le berceau était soutenu par un long bras, terminé par une roulette, afin que le bras puisse avancer et reculer ; une poignée surmontait le bras, que l’on balançait de droite et de gauche. » Le grainage peut aussi être obtenu par une « roulette », ce qui permet de gagner du temps, mais le rendu est plus médiocre.

[F]

FROTTON
Boule d’étoffe et de colle forte enveloppée d’un linge que l’on utilisait pour tirer des gravures sur bois avant l’invention de l’imprimerie.

[G]

GOUGE
Une gouge est un outil de la famille des burins et ciseaux à bois. Au lieu d’avoir un tranchant rectiligne, celui-ci est arrondi.

Une gouge est une variante du ciseau à bois dont le fer est concave, en forme de demi-canal. Elle est repérée par son numéro de cintre et sa largeur. Cet outil sert dans la sculpture sur bois pour créer des lignes ou des cercles et aux tailleurs de pierre pour la taille des moulures, dans le tournage sur bois pour profiler ou creuser un objet, en lutherie pour creuser des chevilliers.

La gouge convient autant au travail grossier, où ses bords relevés peuvent couper verticalement le fil du bois que pour la finition des formes courbes, que pour des travaux plus délicats, comme en gravure, notamment xylogravure et gravure sur linoleum, dans le processus de création de la matrice permettant d’obtenir les estampes.

GRATTOIR
Voir EBARBOIR.

[H]

[I]

[J]

[K]

[L]

LANGUE DE CHAT
Dans la technique du burin, le graveur a aussi à sa disposition des échoppes, reconnaissables au fait que l’une des sections est plate. On trouve des échoppes à ventre rond, ou triangulaire, à section ovale (appelées « onglettes »), à section creuse (ou « langue de chat »), et des échoppes rayées (appelées « vélo »).

LINOLEUM
Le linoleum, linoléum, ou lino (API /linoleom) (Québec: prélart) est un revêtement de sol constitué de toile de jute imperméabilisée par application d’huile de lin et de poudre de bois ou de liège. Des pigments sont souvent ajoutés pour obtenir les tons et motifs souhaités.

Le procédé d’oxydation Walton qui est encore aujourd’hui la base de la fabrication du linoleum, se caractérise par le fait que l’huile de lin cuite passe au contact de l’air chaud de l’état liquide à l’état solide.

Industriellement, cette oxydation se produit dans des cellules spécialement aménagées à cet effet. Dans la partie supérieure, sont disposées en rangs serrés de nombreuses tringles de fer qui supportent un lé de toile de coton, descendant jusqu’à 50 cm du sol.

L’huile est déversée chaque jour au moyen de pompes au-dessus des toiles. Au contact de l’air chauffé à environ 40 °C et constamment renouvelé, les couches successives d’huile s’agglomèrent sur les deux côtés de la toile ; au bout de quatre mois environ, les couches atteignent une épaisseur de 2 à 3 cm et l’on peut récolter la linoxyne.

La linoxyne est ensuite broyée et fondue par addition de gomme de kauri, de copal et de colophane et l’on obtient ainsi un liant appelé ciment de linoleum qui doit être entreposé pendant deux mois avant de pouvoir être utilisé. Après cette période de repos, ce ciment est malaxé avec de la poudre de liège, de la farine de bois et des matières colorantes pour former la pâte de linoleum. Les proportions du mélange, la nature et la couleur de cette pâte déterminent les propriétés qui distingueront les différentes qualités de linoleum, à savoir son degré d’élasticité et son coloris.

Dans des calandres puissantes, la pâte de linoleum est comprimée entre des cylindres chauffés, et pressée sur une bande de toile de jute pour former le linoleum uni, granité, jaspé ou marbré. Les épaisseurs les plus usuelles sont de 2, 3, et 4 mm.

Certains types de linoleum tels que les incrustés ne sont pas calandrés mais formés par des presses hydrauliques qui compriment la pâte répandue sur le tissu de jute en dessin harmonieux au moyen de pochoirs.

Les lés frais et chauds de linoleum, encore mous et souples, sont amenés dans d’immenses séchoirs où ils restent suspendus pendant plusieurs semaines à une température élevée ; puis lorsqu’ils ont la fermeté, la dureté et la solidité voulues, ils sont retirés, enroulés en unités de 10 à 30 m et préparés pour l’expédition.

Le processus complet de la fabrication, qui exige des installations vastes et multiples, ne demande pas loin d’une année. Le linoleum est soumis à ces différents stades à des contrôles sévères pour assurer l’homogénéité absolue de la qualité.

LOUPE
Une loupe est un instrument d’optique subjectif constitué d’une lentille convexe permettant d’obtenir d’un objet une image agrandie. La loupe est la forme la plus simple du microscope optique, qui, lui, est constitué de plusieurs lentilles : l’objectif et l’oculaire et d’un système d’éclairage élaboré complété d’un condenseur de lumière rendant le fond uni sans image parasite, et qui répond à la définition de système dioptrique centré.

Une loupe fonctionne sur le principe de la lentille convexe (un système convergent simple) : une image virtuelle agrandie d’un objet est créée en avant de la lentille. Pour cela, la distance entre la lentille et l’objet doit être plus courte que la distance focale de la lentille. Caractérisée par son grossissement, son grossissement commercial (pour un observateur à 0,25 m), sa lentille par sa puissance.

Il existe plusieurs sortes de loupes différenciées par leurs montures :

  • Les loupes à manche, les plus courantes, qui se tiennent à la main, et permettent de grossir un détail difficile à distinguer à l’œil nu, ou à lire un texte écrit trop petit.
  • Les loupes compte-fils ou quart de pouce, qui peuvent se poser, et éliminent ainsi les tremblements. À l’origine, ces loupes étaient destinées à compter les fils d’un tissu et pour cela comportent un réticule gradué. Les photographes les utilisent pour contrôler le détail des négatifs ou des diapositifs de petits formats, en technique argentique.
  • Les loupes oculaires se plaquant sur l’arcade même de l’œil par une monture de même forme, libérant la main de son maintien.
  • Les loupes de grand diamètre associées à un éclairage circulaire, accouplés sur un support articulé souvent de type pantographe, permettant de travailler des deux mains sur la pièce observée et sans ombre.

Il existe des loupes pliantes, des loupes éclairantes, des loupes à support frontal, des loupes à support flexible, à pince, etc.

[M]

MATOIR
Est un outil utilisé dans la technique de la linogravure. C’est une tige d’acier à tête lignée ou pointillée, qui permet en frappant d’obtenir des grisés.

MATRICE
Support –bloc de bois, plaque de métal- sur lequel l’artiste grave son dessin, et à partir duquel est réalisée l’image imprimée, l’estampe.

MORDANT
L’eau-forte est un procédé de gravure en creux ou taille-douce sur une plaque métallique à l’aide d’un mordant chimique (un acide). Le mordant étant une substance qu’attaque le métal.

[N]

[O]

ONGLETTES
Échoppe à section ovale.

[P]

PAPIER DE SOIE
Une épreuve d’impression devra sécher une douzaine d’heures, protégée par un papier serpente ou papier de soie.

PAPIER JAPON, CHINE, SIMILI-JAPON
Papiers utilisés, surtout pour les estampes modernes, afin d’obtenir des effets particuliers. Parmi les grands maîtres, Rembrandt est l’un des ceux qui ont employé ce type de papier pour des épreuves de grande qualité, imprimées par lui et destinées à certaines personnes de son entourage.

PAPIER REPORT
Employé en lithographie, il s’agit d’un papier préparé sur lequel l’artiste exécute son dessin, qui sera ensuite transféré par l’imprimeur sur la pierre lithographique.

PAPIER SERPENTE
Voir PAPIER DE SOIE.

PLANCHE
Terme désignant à l’origine le bloc de bois à graver, puis, par la suite, les plaques métalliques. Ce mot est également utilisé pour désigner l’épreuve imprimée.

PLAQUE
Support de métal (cuivre, zinc) destiné à recevoir l’image à imprimer.

[Q]

[R]

RACLOIR
Voir EBARBOIR.

RÉSINE
Différentes résines sont utilisées en peinture afin de mettre au point des médiums à peindre et vernis. Elles sont de plusieurs types : naturelles (mastic, dammar, copal, ambre, gomme laque, colophane, sandaraque), synthétiques ou alkydes.
Les résines naturelles sont légèrement ambrées et se dissolvent facilement. Elles produisent un film solide et très garnissant.
– Pour des médiums et vernis gras, on choisit des résines dures, solubles à chaud, dans l’huile. Elles offrent un film brillant, adhérant et très solide.

  • La résine copal est de teinte prononcée, à éviter donc avec les couleurs froides et claires. Elle garnit très bien et donne des vernis et médiums très durs et brillant. Son inconvénient : le film peut devenir cassant et s’assombrir en vieillissant.
  • L’ambre était prisée par Salvador Dali, notamment pour les glacis.

—Pour des médiums et vernis maigres, on emploie des résines tendres, solubles à froid dans un solvant. Elles apportent du brillant et augmentent la transparence. Elles sont notamment appréciées pour les glacis. Mais avec l’âge, elles ont tendance à jaunir et à devenir insolubles.

  • La résine mastic était la favorite de Rubens. Elle est à la base des médiums-gel thixotropes. Elle donne des vernis et médiums très beaux, durs et brillants. Mais elles jaunissent avec le temps.
  • La résine dammar, apparue plus tardivement, est appréciée pour sa faible coloration. Elle donne un film souple, nerveux, garnissant. Elle est aussi beaucoup plus économique que la résine mastic dont elle est proche.

Les résines synthétiques sont dérivés des hydrocarbures. Résines acryliques ou cétoniques, elles s’apparentent aux résines tendres pour leur souplesse (sans toutefois les égaler) et avec l’avantage intéressant d’être incolores (mais sans garantie de non-jaunissement dans le temps). La résine cétonique est la plus employée.

Les résines alkydes sont un type de résines synthétiques qui peuvent être modifiées aux huiles siccatives, elles réunissent donc sur la même molécule la fraction huile et résine. Pour fabriquer un médium, on n’a donc pas besoin d’ajouter de l’huile, ce qui rend leur utilisation plus facile quant au respect de la règle du gras sur maigre. Leur séchage est aussi plus rapide. Elles sont incolores, malgré leur couleur jaune ambrée, et produisent un film satiné. Elles sont à la base de nombreux médiums thixotropes.

ROULEAU
Cylindre de métal, de bois ou d’une autre matière employé à divers usages.

ROULETTE
Petite molette d’acier dentée dont les graveurs se servent pour grener leur planche (notamment dans la gravure en manière de crayon).

[S]

[T]

TARLATANE
Étoffe de coton ajourée et apprêtée, qui sert à essuyer la plaque après encrage.

TAS D’ACIER
Petite enclume qu’on utilise dans la technique du burin.

[U]

[V]

VÉLIN
Papier lisse, soyeux, non vergé.

VELO
C’est une échoppe rayée.

VERGÉ
Se dit d’un papier où les vergeures sont visibles.

VERNIS
Le vernis à graver est un vernis particulier utilisé dans le procédé de la gravure à l’eau-forte.
Il s’agit d’un mélange de bitume, de poix et de cire.

Le vernis “ à graver ” se présente sous deux formes :

  • Dur, sous forme de boule : il s’applique à chaud, fondu, à l’aide d’un tampon de cuir
  • Mou sous forme liquide : il s’étale à froid au pinceau. A ne pas confondre avec la technique du vernis mou qui est un procédé de gravure à part entière.

Son but est de protéger la plaque de métal de l’action caustique de l’acide. Il est appliqué sur la plaque préalablement nettoyée puis partiellement enlevé à l’aide d’une pointe émoussée afin de réaliser le dessin. Placée ensuite dans un bain d’acide, la plaque sera ‘mordue’ aux endroits laissés à nu et restera intacte sur toutes les zones recouvertes par le vernis. Le vernis sera ôté au white spirit avant l’encrage et l’impression.

[W]

WHITE SPIRIT
Le white spirit est un produit raffiné de la distillation du pétrole. Ses principaux constituants sont des hydrocarbures paraffiniques de C8 à C12 (teneur comprise entre 40 et 60%), des hydrocarbures cycloparaffiniques de C9 à C12 (teneur comprise entre 30 et 70%), des hydrocarbures aromatiques (teneur comprise entre 1 et 20%, ne contient pas de benzène).

Succédané d’essence de térébenthine, naphta de pétrole, benzine de pétrole, il est utilisé pour la dilution des peintures, vernis et encres d’imprimerie.
Il existe un « white-spirit désaromatisé » dont la teneur en hydrocarbures aromatiques est inférieure ou égale à 5 %.

[X]

[Y]

[Z]